XU Lijia 许立嘉 Pilote de ligne

XU Lijia 许立嘉 <span>Pilote de ligne</span>

Quand j’ai redécollé de Roissy, après ma formation en France, je me suis dit : « I’ll be back ! »

XU Lijia 许立嘉 Pilote de ligne

China Eastern Airlinesest un pilote de ligne chinois formé en France .
Après ses études, il a été sélectionné par la CHINA EASTERN AIRLINES qui lui a offert une année supplémentaire d’études théoriques sur le pilotage en Chine en 2008. Il a par la suite rejoint l’Ecole de Pilotage Amaury de la Grange en France en 2011. Après deux ans de pratique à Merville et à Saint-Yann, il a obtenu son CPL (licence de pilote commercial) et ATPL (licence de pilote de ligne) de la JAA (Joint Aviation Authorities) avant de retourner en Chine avec son statut officiel de pilote professionnel. Ainsi se réalisa son rêve d’enfance.
Aujourd’hui, Xu Lijia est le principal pilote de la série Airbus 320 de la China Eastern Airlines à Shanghai.
Basé à l’aéroport Pudong et Hongqiao, ce pilote chinois a l’occasion de survoler le Japon, la Corée ainsi que les pays d’Asie du Sud-Est.


flychinaeastern.com

Portrait

1 Quel est votre premier souvenir de la France ? Une image séduisante
2 Une chose qu’il faut faire en France Voler dans le ciel
3 Si vous deviez conseiller une ville à visiter absolument ce serait… Perpignan
4 Quel est l’endroit que vous ne connaissez pas encore mais que vous voudriez découvrir ? Mont Saint-Michel
5 Quel est le plus beau monument de France ? La Tour Eiffel
6 Quelle chose vous manque le plus quand vous êtes en France ? La famille
7 Quel est le plat qui vous a le plus marqué en France ?
8 La boisson que vous préférez en France ? Limonade & Schweppes
9 Pour vous, la plus grande différence entre les Chinois et les Français est… La méthode d’enseignement et d’apprentissage
10 Et la plus grande affinité entre les Chinois et les Français est… Ils aiment tous les vacances
11 Ce qui vous a étonné le plus en France ? En France on paie plus par carte bancaire qu’en espèces
12 Un préjugé écarté après votre passage en France Les français ne sont pas aussi arrogants que je le croyais
13 Le symbole de la France est… Air France
14 Si un mot devait définir la France ce serait… L’aviation

Interview

Vous souvenez-vous de votre premier survol de la France ? Quel était votre sentiment ?
Je ne pourrai jamais oublier mon premier vol. J’étais si excité que je n’ai pas pu dormir la veille. C’était l’après-midi du 12 Mars 2010, un jour de bruine. Je me souviens de mon inquiétude sur le chemin de la salle de préparation à la rampe d’accès. En voyant l’avion (un DA40, un avion quatre places à hélice), j’ai tout de suite retrouvé mon calme. Toutefois, dès que je me suis assis dans le cockpit, le stress m’est revenu.
J’avais les commandes au démarrage de l’avion, je me suis positionné sur le tarmac et j’ai décollé. Au moment où l’avion s’est cabré, beaucoup d’images d’avion de cinéma me sont apparues en tête. C’était tellement bien, c’était moi qui pilotait, je n’étais plus seulement passager. Il s’agissait d’un vrai vol. Une fois que l’avion est entré dans la phase de vol en palier, l’instructeur a repris la main. Il m’a montré les quatre points d’identification visuels de chaque direction autour le l’aéroport. J’ai réussi mon premier atterrissage de ma vie grâce à son aide.
Je me sentais à la fois stressé et excité. Piloter l’avion n’était plus quelque chose inaccessible et mon rêve devenait réalité.

Vous souvenez-vous de votre premier contact radio avec un contrôleur aérien français ? Comment est-ce la France vue de haut ? Avez-vous le temps d’admirer le paysage ?
J’étais très stressé. Dans un environnement bruyant et virtuel, je devais communiquer en français et en anglais, une langue qui n’était pas notre langue maternelle ni pour l’un ni pour l’autre. En plus, nos conversations demandaient un vocabulaire technique. Et tout ça en pilotant. Etant pilote débutant, j’ai dû faire face à la difficulté et la pression.
A l’école de pilotage à Merville dans le Nord, je me suis entraîné avec de petits avions qui volaient en palier à une altitude moyenne entre 2000 et 5000 pieds. Il était facile de voir le sol depuis les fenêtres du cockpit. Ma première constatation a été de voir des terrains de football un peu partout en France. Au fur et à mesure des heures de vol, j’ai remarqué que les terres vertes et les petites villes de France étaient disséminées sur tout le territoire.
L’endroit le plus beau est bien évidemment sur la côte. J’ai survolé à 500 pieds les côtes du Pas de Calais tout en glissant sur la surface de la mer. J’ai vu un coucher du soleil par hasard en volant sur la côte près de Bordeaux, mais également le paysage des Pyrénées et la côte méditerranéenne.

Quand j’effectue des vols, je ne vois pas facilement le sol à cause de la haute altitude. Je vis cependant des moments merveilleux. Je me souviens d’un moment particulier, mon avion survolait les Alpes tandis qu’un A380 d’Air France passait au-dessus. J’ai autrefois survolé les îles près de Nice ce qui n’était pas autorisé par les autorités, mais pour des raisons de sécurité je n’avais pas d’autre choix. Les moments les plus mémorables étaient le décollage et l’atterrissage de nuit à Paris où je pouvais voir la Tour Eiffel et Disneyland.

Quelles sensations éprouvez-vous aujourd’hui quand vous survolez ce pays ?
J’ai l’impression de rentrer à la maison. Au début je n’avais pas ce sentiment mais avec le temps, quand j’entre dans l’espace aérien français et que j’entends le contrôleur aérien me dire « Bonsoir ! » j’ai le sentiment de rentrer chez moi. Et comme j’aurai la chance de faire encore le trajet Shanghai-Paris, je suis sûr de ressentir la même chose.

Après le temps passé lors de votre formation de pilotage en France, ressentez-vous des différences entre les aéroports français et chinois ? Quel est l’aéroport français où vous préférez atterrir ?
J’ai pu voir pas mal d’aéroports, une centaine environ, des grands et des petits. L’aviation européenne s’étant développée il y a longtemps, elle est plus mature et les infrastructures nombreuses. Je n’y vois pas de grands changements.
Dans les aéroports, nous y ressentons une ambiance posée. Ici nous trouvons tout et le personnel est très coopérant.
Concernant l’aéroport que je préfère, je peux vous dire que j’ai une grande affection pour l’aéroport de Merville et celui de Lille car mon rêve de pilote a pris réalité ici. Mais l’aéroport de Paris Charles de Gaulle est toujours mon favori. J’aime beaucoup entendre le « bonjour » des contrôleurs aériens, au sol les taxis sèment la pagaille mais je connais cette ambiance par cœur.
Quand j’ai redécollé de Roissy, après ma formation en France, je me suis dit : « I’ll be back ! »

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