Philippe MUYL Réalisateur

Philippe MUYL <span>Réalisateur</span>

Ce sont les Chinois qui vont me dire si oui ou non, ils ont aimé le regard que j’ai porté sur leur pays et si oui ou non je suis une nouvelle fois le bienvenu.

Philippe MUYL  Réalisateur

est un réalisateur, scénariste et producteur.
En 2011, l’extraordinaire notoriété de son film “Le papillon” en Chine le conduit à entreprendre un projet du même type, mais spécifiquement adapté au marché chinois. En 2012 il réalise “YE YING” (titre français “Le promeneur d’oiseau”), tourné en Chine, en chinois, avec uniquement des acteurs chinois (Li Baotian, Li Xiaoran, Qin Hao). Après “11 fleurs” de Wang Shuaoshuai, il s’agit de la première coproduction franco-chinoise (Envision Film Pékin / Pan Eurasia France) et du premier film chinois réalisé par un Français.


@philmuyl philippemuyl.fr

Portrait

1 Quel est votre premier souvenir de la Chine ? Le Festival de Shanghai en 2000
2 Une chose qu’il faut faire en Chine Prendre son temps
3 Si vous deviez conseiller une ville à visiter absolument ce serait… Congqing, parce que c’est une ville folle
4 Quel est l’endroit que vous ne connaissez pas encore mais que vous voudriez découvrir ? La Mongolie intérieure, mais il y en a tellement !
5 Quel est le plus beau monument de Chine ? La Grande Muraille
6 Quelle chose vous manque le plus quand vous êtes en Chine ? Rien ! Mais si vous insistez, le soleil à Pékin
7 Quel est le plat qui vous a le plus marqué en Chine ? Les tetes de poissons
8 La boisson que vous préférez en Chine ? La bière
9 Pour vous, la plus grande difference entre les Chinois et les Français est… Une autre conception du temps
10 Et la plus grande affinité entre les Chinois et les Français est….. Ce qui rassemble tous les hommes de bonne volonté
11 Ce qui vous a étonné le plus en Chine ? La nature même de la pensée chinoise
12 Un préjugé écarté après votre passage en Chine J’ai beau chercher, je n’avais pas de préjugés
13 Le symbole de la Chine est… Un cercle et un point au milieu
14 Si un mot devait définir la Chine ce serait… Le mouvement


Interview

Votre relation avec la Chine est venue un peu par hasard. Votre film Le Papillon, tourné il y a 10 ans, a rencontré un spectaculaire succès auprès du public chinois. Il a même été vu plus de 10 millions de fois par les internautes chinois et est devenu film culte. À quoi est dû un tel succès ? Avant cela connaissiez vous la Chine ? Et maintenant, avez-vous eu le temps de découvrir ses paysages et sa Culture ?

J’ai mis longtemps à comprendre le succès de ce film, et même, je l’ai appris très tard, aux environs de 2008. Maintenant, je sais que ce qui a touché le public chinois, c’est la relation entre les deux personnages, un vieil homme et une fillette, tant ce modèle grand-père/petit enfant est inscrit dans la société, traditionnelle et surtout actuelle. C’est d’ailleurs le seul vrai point commun scénaristique qui existe entre “Le papillon” et “Le promeneur d’oiseau”. Je connaissais un tout petit peu la Chine, j’étais allé plusieurs fois à Shanghai et à Pékin mais toujours furtivement. Pour les besoins du film, j’ai pas mal voyagé en 2010, 2011 et 2012. Je connais donc un peu maintenant certaines régions comme le Yunnan ou le Guangxi, Shanghai et surtout Pékin, où j’ai passé presque une année. Mais la Chine est un puits sans fond. On pourrait y voyager pendant des années. J’ai appris un peu le mandarin et j’aimerais beaucoup progresser, et surtout apprendre l’écriture, seule façon de bien découvrir et connaître la Chine. Mais hélas, je n’aurai pas le temps !!

Le Promeneur d'Oiseau

Le Promeneur d’Oiseau – Un film de Philippe Muyl – 50ans, 50 portraits

Grâce à votre notoriété gagnée avec ce film, vous avez réalisé une adaptation chinoise du film Le Papillon avec des acteurs chinois. L’histoire est celle d’une petite fille et de son grand-père, Le Promeneur d’Oiseaux. Cette adaptation a t-elle été difficile à mener au vu de l’histoire, de la différence entre les deux cultures, surtout en termes de rapports familiaux ? Pensez vous que l’histoire originelle française a été bien comprise par le public chinois ? Inversement, est-ce que le film chinois peut-être compris en France ?

Ce n’est pas vraiment une adaptation, c’est plutôt une variation sur le thème. Je n’ai jamais essayé de comparer les deux films. Quand j’ai accepté ce challenge fou de réaliser un film en chinois, avec des acteurs chinois, je me suis jeté à l’eau. J’ai passé beaucoup de temps en Chine, j’ai observé, on m’a expliqué des choses, j’ai posé des questions. Je dis toujours que je me suis comporté comme une éponge. J’ai laissé derrière moi les éventuelles idées reçues et j’ai ouvert toute grande la porte aux idées nouvelles, sans a priori. La Chine et la France, ce ne sont pas seulement deux cultures différentes. Ce sont deux planètes. La pensée chinoise n’est pas différente de la pensée occidentale. Elle est autre. Le film a été montré dans quelques festivals hors de la Chine. Il a été vu par des Coréens, des Chinois, des indonésiens. Mais j’attends que les Chinois de Chine le voient. J’attends qu’ils me disent si oui ou non, je les ai bien perçus, bien sentis. Si le portait que je fais de la société chinoise actuelle est juste. Après, je pense qu’ils ont aimé “Le papillon” pour des raisons différentes des Français. Et je pense que les Français aimeront “Le promeneur d’oiseau” pour des raisons différentes des Chinois. D’une certaine façon, peu importe les raisons pour lesquelles les uns et les autres aimeront le film. Tout ce que j’espère, c’est que le film voyagera et contribuera à faire aimer la Chine et le peuple chinois.

Les acteurs chinois, par leurs gestes, leurs silences et expressions, ont une interprétation sans doute très différente de celle des acteurs français. Comment s’est passée la réalisation de ce film ? Comment s’est passée la communication entre vous, le réalisateur, et vos acteurs chinois? Etes-vous arrivé au résultat escompté ?

Je ne crois pas trop à “la direction d’acteurs”. La vraie direction d’acteurs consiste à bien les choisir. J’avais rencontré Li Baotian dès avant d’écrire le scénario. Il avait vu cinq fois “Le papillon”. Puis j’ai rencontré plusieurs actrices et acteurs. Je suis très intuitif. Je choisis les acteurs au ressenti. Bien sûr, je visionne leur films pour “vérifier” leur présence à l’image, mais en général, je sais tout de suite si c’est ok ou pas. Je ne sais pas faire les films en force, je ne peux les faire qu’en douceur, avec des acteurs que j’emmène doucement dans mon univers. J’ai eu beaucoup de chance. Ces trois comédiens sont formidables. Nous avons parlé de l’histoire, bien sûr, mais ils se sont glissés dans la peau des personnages avec une intelligence, une disponibilité et une finesses rares. Le film leur doit beaucoup. Et aussi, il doit beaucoup à cette petite merveille que le ciel chinois a mis sur mon chemin, la petite Yang Xin Yi, une fillette brillante, drôle, gentille, très courageuse. C’est aussi ça, le cinéma: il faut avoir de la chance !

Sur votre plateau, il y avait Baotan Li, acteur très reconnu, la prometteuse Xiao Yan Li et la jeune et pétillante Yang Xinyi.

L’émotion passe entre eux dans le film parce qu’elle passait entre eux dans la vie. Ils se sont parfaitement entendus. Je sais que Li Baotian a su la guider quand c’était nécessaire.

Avez-vous senti un écart entre ces générations d’acteurs ?

Aucun écart. Dans l’histoire, les personnages appartiennent à des générations différentes. La vie et la fiction se rejoignent.

Muyl pendant le tournage

Muyl pendant le tournage

Pensez-vous tourner encore en Chine ? Quels sont vos projets ?
J’aimerais avoir l’opportunité de faire un nouveau film en Chine. A la lumière de cette première expérience, je pense que ce serait plus facile pour moi. Cette production n’a pas été simple sur le plan financier. Si je fais un nouveau film, c’est l’un des aspects auxquels je serai attentif. Pour le reste, j’ai eu un grand plaisir à travailler avec les techniciens chinois. J’ai eu un chef opérateur extraordinaire, Sun Ming, et si je dois retourner en Chine, ce sera avec lui. J’ai eu un régisseur qui, comme on dit dans le métier “m’a sauvé des coups incroyables”. J’aimerais vraiment tourner à nouveau en Asie, en Chine, à Taïwan, etc…mais ce sont les Chinois qui vont me dire si oui ou non, ils ont aimé le regard que j’ai porté sur leur pays et si oui ou non je suis une nouvelle fois le bienvenu. Mon destin est entre leurs mains ! :-)
J’ai un projet français. Nous sommes en casting. Mais après le casting, ce sera la recherche de financement. Un film se tourne en deux ou trois mois, mais on attend souvent trois, quatre ou cinq ans pour arriver au premier jour de tournage !

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