Philippe DE REFFYE Scientifique

Philippe DE REFFYE <span>Scientifique</span>

En Chine, la façon de conduire les projets est très différente. On apprend à laisser les choses s’arranger toutes seules (le Tao !), il y a une autre logique.

Philippe DE REFFYE Scientifique

est ingénieur agronome, docteur des sciences, chercheur au CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement). En France, il a créé l’unité de recherche AMAP du CIRAD (1988), en Chine il a créé le projet GreenLab à l’Institut­ d’automatique de Pékin et à l’Académie d’agriculture de Chine (1998), et de retour en France en 2003 le projet DIGIPLANTE à l’INRIA et l’École Centrale. Il a dirigé les équipes pluridisciplinaires de ces projets avec l’objectif de développer des modèles de croissance et d’architecture de végétaux pour l’agronomie et la synthèse d’images.


Philippe DE REFFYE au CIRAD

Portrait

1 Quel est votre premier souvenir de la Chine ? La cité interdite
2 Une chose qu’il faut faire en Chine Festival de glace a Harbin
3 Si vous deviez conseiller une ville à visiter absolument ce serait… Kunming
4 Quel est l’endroit que vous ne connaissez pas encore mais que vous voudriez découvrir ? HongKong
5 Quel est le plus beau monument de Chine ? Les tombeaux des Mings
6 Quelle chose vous manque le plus quand vous êtes en Chine ? Le boudin aux pommes
7 Quel est le plat qui vous a le plus marqué en Chine ? Ba Se Pin Guo
8 La boisson que vous préférez en Chine ? Lu Cha
9 Pour vous, la plus grande différence entre les Chinois et les Français est… La logique
10 Et la plus grande affinité entre les Chinois et les Français est….. La culture
11 Ce qui vous a étonné le plus en Chine ? La taille des villes
12 Un préjugé écarté après votre passage en Chine Pays en voie de developpement
13 Le symbole de la Chine est… Le milieu
14 Si un mot devait définir la Chine ce serait… Altérité


Interview

Pourquoi avez-vous décidé de développer des projets scientifiques avec vos homologues chinois ? Comment se passe cette collaboration et quels en sont les avantages ?
J’ai connu en 1997 l’existence du laboratoire de recherche en mathématiques appliquées franco-chinois, Liama de l’INRIA et de l’institut d’Automatique de Pékin. Après 15 années de direction du laboratoire AMAP, au CIRAD a Montpellier, une opportunité s’ouvrait à moi, pour une nouvelle aventure scientifique, dans un contexte inconnu, mais très attrayant sur le plan culturel.
En Chine, la façon de conduire les projets est très différente. On apprend à laisser les choses s’arranger toutes seules (le Tao !), il y a une autre logique. Au Liama et à la Chinese Agriculture University j’ai eu plus de moyens en matières de projets et d’étudiants en thèse que j’en aurais eu dans mon laboratoire d’origine AMAP qui continue à collaborer avec le projet GreenLab du Liama que j’ai créé depuis plus de 15 ans.
Réciproquement en France j’ai pu étendre cette collaboration avec l’INRIA et l’école Centrale en créant le projet Digiplante qui a accueilli à son tour beaucoup d’étudiants chinois en thèse.

Vous avez obtenu le “Friendship Award” (“Prix de l’amitié”) par le gouvernement chinois en 2006. Que représente ce prix pour vous ?
Ce prix me touche beaucoup et montre la gratitude que mes collègues et amis chinois ont eu envers moi qui n’ai pas ménagé mes efforts pour la réussite de notre collaboration autour du projet GreenLab . Mes collègues professeurs chinois Hu Bao Gang, Zhang Bao Gui et Kang Meng Zhen ont été très accueillants, et sont devenus des amis. Ils m’ont fait découvrir la Chine et la culture chinoise. J’ai été reçu très souvent chez eux. J’ai pu aussi en retour les accueillir souvent en France. Chaque année je reviens un ou deux mois par an en mission, pour poursuivre notre collaboration.

Le professeur Hu et le professeur invité de Reffye avec les étudiants et les assistants du projet GreenLab au Liama et à la C.A.U.

Le professeur Hu et le professeur invité de Reffye avec les étudiants et les assistants du projet GreenLab au Liama et à la C.A.U.

Quels atouts, en dehors des atouts technologiques, mettriez-vous en avant chez les scientifiques chinois ?
La Chine est très réactive à l’innovation en matière scientifique, alors que nos instituts de recherche français, me semblent plus conservateurs. C’est pourquoi, le projet que j’ai dirigé a bénéficié de plus de moyens en Chine.

Quelle place prend la Chine dans votre vie ?
La Chine a pris évidemment une grande place dans ma vie intellectuelle et culturelle. C’est une autre façon de penser, une altérité comme dit l’écrivain Simon Leys.
Mon prochain départ à la retraite mettra un terme à mes activités professionnelles, mais pas aux liens amicaux qui se sont tissés.

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