Jean Louis CALLENS Secrétaire Général du Secours Populaire Français

Jean Louis CALLENS <span>Secrétaire Général du Secours Populaire Français</span>

Les jeunes français ont un grand appétit de connaître la Chine, car la Chine, pour beaucoup d’entre eux, ça reste mystérieux. Et ils sont très agréablement surpris.

Jean Louis CALLENS Secrétaire Général du Secours Populaire Français

Secours Populaire Françaisest Secrétaire Général du Secours Populaire Français (SPF) depuis 1984 et responsable de la Fédération du Nord du SPF.
Il est à l’origine d’un programme d’échange de jeunes entre la Chine et la France depuis 2007. Il parcourt la Chine 2 ou 3 fois par an. Sa franchise et son humour lui permettent de faire tomber beaucoup de barrières culturelles et d’être accueilli à bras ouverts par ses interlocuteurs chinois.


@SecoursPope Secours Populaire

Portrait

1 Quel est votre premier souvenir de la Chine ? Visite de Shanghai en 2007
2 Une chose qu’il faut faire en Chine Visiter la citée interdite
3 Si vous deviez conseiller une ville à visiter absolument ce serait… Pékin
4 Quel est l’endroit que vous ne connaissez pas encore mais que vous voudriez découvrir ? Mongolie
5 Quel est le plus beau monument de Chine ? Temple du soleil
6 Quelle chose vous manque le plus quand vous êtes en Chine ? La famille
7 Quel est le plat qui vous a le plus marqué en Chine ? Friture d insectes
8 La boisson que vous préférez en Chine ? Le vin
9 Pour vous, la plus grande différence entre les Chinois et les Français est… Le nombre
10 Et la plus grande affinité entre les Chinois et les Français est… Franchise
11 Ce qui vous a étonné le plus en Chine ? La reconstitution du château de Versailles
12 Un préjugé écarté après votre passage en Chine La modernité permanente
13 Le symbole de la Chine est… Grandeur
14 Si un mot devait définir la Chine ce serait… Sérénités


Interview

Expliquez-nous comment le Secours Populaire Français en est arrivé à développer des échanges avec la Chine ?
L’histoire commence en 2007, on reçoit, à la Direction Nationale du Secours Populaire, une demande du Maire de Shanghai qui souhaite rencontrer, avec ses services sociaux, des organismes ( associations, ONG, services sociaux municipaux etc.…) dont le SPF (Secours Populaire Français). Ils sont face à une situation d’urgence. En effet, la ville, qui est en constante expansion, voit arriver des gens des campagnes en grand nombre, et il faut les loger.
Ils doivent gérer un nombre croissant de sans domicile fixe et ils ont souhaité aller voir ailleurs comment on répondait à cette problématique. C’est vrai qu’en France et en Angleterre ça fait longtemps qu’on côtoie cette situation.

On les reçoit donc et on leur explique que le SPF s’inscrit toujours dans une démarche d’échange. A chaque fois qu’ici au SPF on reçoit une famille dans la misère on leur demande une contrepartie. L’objectif est de leur permettre de garder leur dignité. C’est cette notion d’échange qui a beaucoup plu aux responsables chinois.

Le savoir faire du Secours Populaire a été reconnu et nous sommes allés présenter nos actions aux services sociaux à Shanghai en octobre 2007.

Et je vois arriver 2008, avec les Jeux Olympiques…
Je propose au Maire de Shanghai de faire venir des jeunes sportifs français, issus de familles en difficultés et méritants, lors des JO de 2008. L’idée étant de les amener aux stades découvrir, in situ, les disciplines olympiques, de visiter les structures, bref d’être dans l’ambiance. Il trouve l’idée très intéressante et me propose de partir à Pékin négocier ce projet avec l’APCAE (l’Association du Peuple Chinois pour l’Amitié avec l’Etranger) qui est en charge de ce genre de projet.
L’ APCAE nous propose, en échange de cet accueil, de monter une opération de solidarité dans le Gansu où il y avait des difficultés d’accès à l’eau potable.
Le souhait était d’équiper les maisons des paysans en récupérateurs d’eau de pluie munis de purificateurs. Mais cela coûtait très cher, beaucoup trop pour les familles. Certes, le conseil régional local subventionnait 80% du projet, mais certaines familles ne pouvaient même pas financer les 20% restants. Le SPF décidait alors de participer au financement des récupérateurs d’eau de pluie.

Avec les jeunes ?
Oui et en échange, 18 jeunes d’ici devaient partir au JO de Pékin.
La condition pour eux était de gagner, par des actions de solidarité, le financement, les billets d’avions et 100 récupérateurs. Ils devaient pour cela récupérer 20 000 euros.
Au final ils en ont récupéré 45 000 !
Ils se sont démenés et ont payé les installations et leur voyage (leur séjour sur place étant offert par les organisateurs chinois). Ça a été quelque chose de formidable pour eux ! L’APCAE les a accueillis, ils ont pu aller dans le Gansu inaugurer les installations de récupération, rencontrer des familles et bien sûr faire partie des spectateurs aux JO.
A partir de ce moment là, l’APCAE s’est rendu compte de notre travail et a bien vu qu’on n’était pas des “diseux” mais qu’on réalisait ce qu’on proposait.
Les jeunes sont revenus enchantés car ils avaient vécu quelque chose de vraiment très fort. Nous avions très envie de continuer sans savoir comment…

Et puis, malheureusement, il y a eu le tremblement de terre du Sichuan à Chengdu.

Et vous voilà remis à contributions…
On est donc reparti à l’ouvrage, nous avons collecté à nouveau des fonds et on a participé à la reconstruction d’une médiathèque à Chengdu (Capitale du Sichuan). En 2010 nous sommes retournés là-bas inaugurer cette médiathèque.
Depuis ce temps, une année sur deux des jeunes Chinois viennent en France et réciproquement puisqu’une année sur deux ce sont des jeunes français qui partent en Chine au moment des vacances scolaires.

Quels sont les projets qui ont animé ces rencontres de jeunes dernièrement ?
L’année dernière nous avions travaillé sur la démocratie participative. Les autorités gouvernementales chinoises ont souhaité savoir comment fonctionnaient les conseils municipaux de jeunes. Ce sont donc les jeunes du Conseil Municipal de Gravelines qui sont allés là-bas témoigner de leur pratique de conseillers. Cela va à l’encontre de l’image qu’on se fait de la Chine, les choses avancent là-bas. J’y vais depuis 2007, 2 ou 3 fois par an, je vois les choses bouger rapidement et sans reculer. Si on reprend l’histoire, il y a 50 ans ils faisaient face à la famine… Et même si ce n’est pas parfait, les choses bougent.
Tout pays qui veut progresser doit aller voir ce qui se passe à coté.
C’est un pays en ouverture. Les autorités ont donc tout intérêt à aller regarder comment on s’y prend ailleurs pour répondre aux nouvelles demandes auxquelles elles sont confrontées.
Ça ne veut pas dire que ce qui se passe ailleurs est mieux.

Jean Luis Callens à Pékin

Jean Luis Callens en Chine

Si 2014 est le moment des commémorations du cinquantenaire des relations diplomatiques franco-chinoises pour vous, c’est l’occasion de remonter un peu plus loin dans le temps. Expliquez-nous votre projet pour cette année.
Cette année, avec les jeunes Chinois que nous allons accueillir, nous travaillerons sur la mémoire. Nous commémorerons le centenaire de la Première Guerre Mondiale et vous n’êtes pas sans savoir que beaucoup de Chinois sont morts sur le sol français au cours de cette guerre.
Ils n’étaient pas engagés dans le conflit mais participaient à la logistique et à la construction d’infrastructures de transport notamment. Il y a des cimetières chinois dans la région et je ne suis pas sûr que les jeunes Chinois connaissent cette histoire là. Et les Français non plus d’ailleurs… Pourtant les cimetières sont à deux pas de chez nous…

Quel est l’état d’esprit des jeunes qui partent avec vous ?
Là je parle surtout pour les jeunes français… ils ont un grand appétit de connaître la Chine, car la Chine, pour beaucoup d’entre eux, ça reste mystérieux. Et ils sont très agréablement surpris.
Mais je ne suis pas étonné car les Chinois sont forts accueillants. Il faut voir comment nous sommes reçus là-bas, ils se coupent en deux pour nous ! Et tout ça avec une très grande franchise de leur part.
Avec les jeunes, entre eux, ça se passe très bien, peut-être mieux qu’entre adultes. Même la barrière de la langue n’est pas un problème, les jeunes Chinois parlent de plus en plus anglais. Et avec l’humour tout passe, et ils ont énormément d’humour.
Je trouve que la Chine avance bien et j’ai été agréablement surpris par la confiance qu’ils nous ont accordée, très facilement et rapidement.
Ce qui est important c’est de l’avoir fait avec eux. C’est là que se créent les relations de confiance.

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